MODULE 24

Les feux, les clignotants, le klaxon et la communication

COMMUNIQUER : ÊTRE VU → ANNONCER → AVERTIR → VÉRIFIER → AGIR.

Objectif du chapitre

À la fin de ce chapitre, tu sauras choisir les feux adaptés, annoncer une manœuvre au bon moment, utiliser les feux de détresse et le klaxon uniquement dans les situations prévues, et interpréter les signaux des autres sans leur attribuer une priorité qu’ils ne donnent pas.

Transition depuis le chapitre 23. Tu sais maintenant vérifier si les dispositifs d’éclairage et de signalisation fonctionnent. Il faut encore les utiliser au bon moment : un signal trop tardif, trompeur ou agressif peut être aussi dangereux qu’un signal absent.

24.1 Communiquer, ce n’est pas négocier les règles

Les feux, clignotants et avertisseurs rendent ton véhicule compréhensible. Ils ne remplacent ni l’observation, ni la priorité, ni une distance de sécurité. Un clignotant annonce une intention ; il ne réserve pas une place et n’oblige personne à te laisser passer.

24.2 Quatre fonctions à ne pas confondre

FonctionDispositif typiqueQuestion à te poser
VoirFeux de croisement ou de route.Quelle portée puis-je utiliser sans éblouir ?
Être vuFeux de croisement et feux de position selon la situation.Les autres distinguent-ils mon véhicule assez tôt ?
AnnoncerIndicateurs de direction.Mon intention est-elle signalée suffisamment tôt et sans ambiguïté ?
AvertirFeux de détresse, klaxon ou appel lumineux dans les cas autorisés.Y a-t-il réellement un danger ou une situation prévue par le Code ?

24.3 Quand allumer les feux en circulation

Entre la tombée et le lever du jour, ainsi que dans toute circonstance où il n’est plus possible de voir distinctement jusqu’à environ 200 m, les feux prescrits doivent être utilisés. Brouillard, forte pluie, neige, obscurité ou contraste faible peuvent imposer l’éclairage avant la nuit complète.

Sur une voiture en mouvement, la base est constituée des feux de croisement ou des feux de route, selon les conditions. Les feux diurnes peuvent rendre l’avant visible sans forcément allumer les feux arrière : ils ne dispensent donc pas le conducteur de choisir l’éclairage nécessaire dans la pluie, le brouillard, un tunnel ou la pénombre. Pour les règles de comportement propres aux tunnels, reporte-toi au chapitre 16.

Voiture vue de l’arrière, feux arrière allumés, sur une route de nuit éclairée par des lampadaires.
Figure 24.1 – Sur une route de nuit, l’éclairage rend les véhicules visibles ; le conducteur doit toujours éviter d’éblouir.
Photo : Shixart1985, CC BY 2.0.

Repère ces symboles sur les commandes et les témoins de ta voiture. Les couleurs correspondent aux témoins allumés, pas nécessairement aux symboles des commandes.

Symbole Feux
Témoin vert des feux de croisement Feux de croisement
Témoin bleu des feux de route Feux de route
Témoin vert des feux de brouillard avant Feux de brouillard avant
Témoin jaune orangé du feu de brouillard arrière Feu de brouillard arrière
Témoin vert des feux de position Feux de position

24.4 Feux de croisement et feux de route

FeuxUsageLimite essentielle
CroisementÉclairage normal de nuit ou par visibilité insuffisante ; permet de voir sans éblouir excessivement.Adapte toujours la vitesse à la distance réellement éclairée.
RouteÉclairage de plus longue portée lorsque la situation le permet.Passe aux feux de croisement dès qu’un autre usager risque d’être ébloui et dans les cas imposés par le Code.
PositionSignalent la présence et la largeur du véhicule ; portée d’éclairage limitée.Ils ne remplacent pas les feux de croisement pour circuler dans l’obscurité.

Les feux de route doivent notamment céder la place aux feux de croisement à l’approche d’un usager venant en sens inverse, lorsque tu suis un autre véhicule à moins de 50 m (sauf pendant un dépassement), et lorsque l’éclairage de la chaussée est continu et permet de voir distinctement jusqu’à environ 100 m. Passe aussi aux feux de croisement à l’approche d’un véhicule sur rails ou d’un bateau dont le conducteur ou le pilote risque d’être ébloui. Anticipe le passage en croisement : attendre que l’autre soit aveuglé est déjà trop tard.

24.5 Brouillard, neige et forte pluie

Les feux de brouillard avant peuvent être utilisés en cas de brouillard, de chute de neige ou de forte pluie. Ils ne constituent pas un éclairage décoratif. Les feux de brouillard arrière doivent être utilisés en cas de brouillard ou de neige lorsque la visibilité est réduite à moins d’environ 100 m, ainsi qu’en cas de forte pluie. En dehors de ces circonstances, ils ne peuvent pas rester allumés.

Un feu arrière de brouillard est très intense. Dès que la situation ne le justifie plus, éteins-le pour ne pas gêner ou masquer la perception des feux stop du véhicule.

À droite d’un champ, une route bordée d’arbres disparaît dans un brouillard épais.
Figure 24.2 – À Braine-l’Alleud, le brouillard réduit fortement la distance visible sur cette route belge. Photo : FraKtus, CC BY-SA 3.0.

24.6 À l’arrêt ou en stationnement

Entre la tombée et le lever du jour, ainsi que lorsqu’il n’est plus possible de voir distinctement jusqu’à environ 200 m, une voiture arrêtée ou stationnée sur la voie publique doit être signalée par ses feux de position à l’avant et ses feux rouges à l’arrière. En agglomération, un feu de stationnement du côté de l’axe de la chaussée peut les remplacer si la voiture est rangée parallèlement à cet axe et sans remorque. Ces feux ne sont pas obligatoires si l’éclairage public permet de voir distinctement la voiture à environ 100 m. Les feux de détresse ne remplacent pas automatiquement cet éclairage et ne rendent jamais licite un stationnement interdit. Les règles déterminant où l’arrêt et le stationnement sont autorisés sont expliquées au chapitre 22.

24.7 Les clignotants : annoncer assez tôt, puis les arrêter

Avant d’effectuer une manœuvre ou un déplacement latéral, le conducteur doit indiquer son intention suffisamment à temps au moyen des indicateurs de direction. Le signal doit cesser dès que le mouvement est accompli. Le bon ordre n’est pas « clignotant puis mouvement immédiat », mais : rétroviseurs, angle mort, signal, nouveau contrôle, action progressive.

Main posée sur le levier des clignotants à gauche du volant, avec les symboles des indicateurs de direction et des feux.
Figure 24.3 – Le levier multifonction commande les indicateurs ; le conducteur reste responsable du moment et de la clarté du signal.
SituationSignal attenduAttention
Tourner à droite ou à gaucheIndicateur du côté choisi, suffisamment tôt.Cède encore le passage lorsque la règle l’exige.
Changer de bande ou se déporterIndicateur du côté du déplacement.Contrôle rétroviseurs et angle mort avant et pendant.
Dépasser puis se rabattreSignal pour quitter ta position, puis signal opposé avant le rabattement.Ne te rabats pas sur la trajectoire de l’usager dépassé.
Quitter un emplacement ou le bordSignal vers la circulation que tu veux rejoindre.Tu n’as pas priorité parce que tu signales.
Contourner un obstacleIndicateur si tu te déportes.Ne crée pas un message trompeur près d’une intersection.

24.8 Rond-point : entrée, bandes et sortie

À l’entrée d’un rond-point signalé comme tel, l’usage du clignotant n’est pas exigé du seul fait de s’y engager. En revanche, quitter le rond-point est un changement de direction : le clignotant droit est requis. Si tu changes de bande dans l’anneau, tu dois également signaler ce déplacement et céder le passage aux conducteurs de la bande que tu veux rejoindre. Pour la logique complète de priorité et d’insertion, reporte-toi au chapitre 8.

24.9 Feux de détresse : un avertissement, pas une permission

Le dispositif fait fonctionner simultanément tous les indicateurs de direction. Selon le Code actuel, tu peux l’utiliser pour signaler un risque d’accident imminent ou dans les cas expressément prévus, notamment pour avertir d’une panne ou d’un chargement tombé sur la chaussée dans les conditions de l’article 51.

Bouton rond rouge des feux de détresse, marqué de deux triangles blancs emboîtés.
Figure 24.4 – Le bouton au symbole triangulaire commande les feux de détresse : il signale un danger, pas un droit de s’arrêter où l’on veut. Photo : Santeri Viinamäki, CC BY-SA 4.0.

À l’approche d’un véhicule signalé comme transport scolaire, redouble de prudence, même si ses feux de détresse sont éteints. Lorsque tous ses indicateurs de direction clignotent, des enfants vont monter ou descendre : ralentis fortement et arrête-toi si nécessaire.

Panneau de transport scolaire : deux silhouettes d’enfants noires sur fond jaune.

Panneau de transport scolaire, placé à l’avant et à l’arrière du véhicule.

24.10 Le klaxon et l’appel lumineux

L’avertisseur sonore ne peut être utilisé que pour donner un avertissement nécessaire afin d’éviter un accident et, hors agglomération, pour avertir un conducteur que tu veux dépasser. Le signal doit être aussi bref que possible. Il n’est pas un moyen de manifester l’impatience, de saluer, de punir une erreur ou d’obtenir une priorité.

Entre la tombée et le lever du jour, l’avertissement sonore est remplacé par un bref appel lumineux alternant rapidement les feux de route et de croisement, sauf en cas de danger imminent. L’appel lumineux reste un avertissement : il ne donne pas le droit de forcer le passage et ne garantit pas que l’autre personne t’a vu.

SituationRéponse
Un piéton s’engage sans te voir et une collision devient imminente.Freine et avertis brièvement si cela peut prévenir l’accident.
Le feu passe au vert et le conducteur devant hésite.Patiente ; le klaxon n’est pas un outil normal d’impatience.
Hors agglomération, tu veux avertir avant un dépassement.Un signal bref est admis, sans remplacer toutes les vérifications.
Un ami se trouve sur le trottoir.Ne klaxonne pas pour saluer.
De nuit, tu avertis sans danger imminent.Utilise un bref appel lumineux selon la règle, sans éblouir.

24.11 Lire les signaux des autres sans leur faire confiance aveuglément

Un clignotant oublié peut annoncer un mouvement qui n’aura pas lieu ; un clignotant absent peut précéder une manœuvre réelle. Une voiture qui ralentit peut tourner, chercher une adresse ou éviter un obstacle. Observe ensemble la vitesse, la position des roues, la trajectoire, le regard du conducteur et l’espace disponible.

Les recherches sur les conducteurs novices montrent que le comportement réel, la pression sociale et l’excès de confiance comptent autant que la connaissance déclarée du risque. Si des amis t’incitent à klaxonner, coller ou « passer parce qu’il a fait un appel », reviens à la règle et à ta marge de sécurité.

24.12 Les systèmes automatiques ne prennent pas la décision à ta place

Allumage automatique, feux de route adaptatifs et rappel de clignotant peuvent aider, mais ils ont des limites. Le capteur peut ne pas détecter correctement le brouillard ou la pluie ; un véhicule partiellement masqué peut ne pas être reconnu ; le clignotant peut ne pas s’annuler après un léger changement de direction. Contrôle les témoins et corrige manuellement.

24.13 Checklist active en circulation

ÉtapeDécision
ÊTRE VUVisibilité inférieure à environ 200 m, obscurité ou situation spéciale ? J’allume les feux adaptés et je vérifie les témoins.
ANNONCERJe tourne, change de bande, me déporte, quitte un emplacement ou sors d’un rond-point ? Je signale suffisamment tôt.
AVERTIRDanger imminent ou cas expressément prévu ? Je choisis un avertissement bref et proportionné.
VÉRIFIERRétroviseurs, angle mort, trajectoires et réactions confirment-ils que l’action est possible ?
AGIRJe réalise progressivement la manœuvre, puis j’arrête le signal. Si le doute subsiste, j’attends.

24.14 Scénarios mixtes : quel signal, quelle action ?

24.15 Vérification rapide

1 À partir de quelle distance de visibilité approximative l’éclairage prescrit devient-il nécessaire ?

Quand il n’est plus possible de voir distinctement jusqu’à environ 200 m, ainsi qu’entre la tombée et le lever du jour.

2 Les feux diurnes garantissent-ils toujours l’allumage des feux arrière ?

Non. Selon le véhicule, l’avant peut être éclairé sans que les feux arrière le soient.

3 Quand faut-il remplacer les feux de route par les feux de croisement ?

À l’approche d’un usager venant en sens inverse, à temps pour ne pas l’éblouir ; à l’approche d’un véhicule sur rails ou d’un bateau dont le conducteur ou le pilote risque d’être ébloui ; lorsque tu suis un véhicule à moins de 50 m (sauf pendant un dépassement) ; et lorsque l’éclairage continu de la chaussée permet de voir distinctement jusqu’à environ 100 m.

4 Les feux de position suffisent-ils pour circuler dans l’obscurité ?

Non. Ils signalent surtout la présence et ne remplacent pas les feux de croisement pour éclairer la route.

5 Dans quels trois phénomènes les feux de brouillard avant peuvent-ils être utilisés ?

Brouillard, chute de neige et forte pluie.

6 Quand les feux arrière de brouillard sont-ils obligatoires en cas de brouillard ou de neige ?

Lorsque la visibilité est réduite à moins d’environ 100 m.

7 Quelle particularité concerne la forte pluie pour les feux arrière de brouillard ?

Ils doivent aussi être utilisés en cas de forte pluie ; le texte ne rattache pas ce cas au même seuil de 100 m.

8 Quel ordre de contrôle précède un changement de bande ?

Rétroviseurs, angle mort, signal suffisamment tôt, nouveau contrôle, puis déplacement progressif.

9 Le clignotant de ta voiture te donne-t-il la priorité ?

Non. Il annonce une intention, sans créer aucun droit de passage.

10 Faut-il signaler du seul fait que l’on entre dans un rond-point ?

Non, pas du seul fait de l’entrée dans un rond-point signalé comme tel.

11 Quel clignotant faut-il utiliser pour sortir d’un rond-point ?

Le clignotant droit.

12 Quand faut-il arrêter le clignotant ?

Dès que le mouvement annoncé est accompli.

13 À quoi servent les feux de détresse ?

À avertir notamment d’un risque d’accident imminent et dans les cas expressément prévus.

14 Peuvent-ils légaliser un arrêt interdit ?

Non. Ils n’effacent aucune interdiction.

15 Quand le klaxon peut-il prévenir un accident ?

Lorsqu’un avertissement nécessaire et bref peut contribuer à éviter l’accident.

16 Quel usage supplémentaire est admis hors agglomération ?

Avertir, hors agglomération, un conducteur que l’on veut dépasser.

17 Comment avertir normalement de nuit en l’absence de danger imminent ?

Par un bref appel lumineux alternant rapidement route et croisement, sauf danger imminent.

18 Pourquoi ne faut-il pas faire confiance à un clignotant isolé ?

Il peut être oublié, prématuré ou trompeur ; il faut confirmer par la trajectoire et garder une marge.

19 Que dois-tu vérifier avec un système d’éclairage automatique ?

Le témoin, les feux réellement activés, la visibilité arrière et l’adaptation aux conditions.

20 Quelle méthode en cinq verbes résume ce chapitre ?

ÊTRE VU → ANNONCER → AVERTIR → VÉRIFIER → AGIR.

24.16 CE QUE TU DOIS RETENIR

24.17 Teste tes connaissances

Tu as vu comment choisir les feux adaptés, annoncer tes intentions et interpréter les signaux des autres avec prudence. Poursuis ton entraînement avec un examen blanc du permis B et fais appel à tes connaissances pour choisir tes réponses dans des situations variées.

Teste tes connaissances

Fais le point sur tes connaissances avec notre examen blanc gratuit du permis B. Découvre ce que tu maîtrises déjà et ce qu’il te reste à travailler.

Transition vers le chapitre 25

Tu sais maintenant rendre tes intentions lisibles et choisir un avertissement proportionné. Le chapitre 25 élargira cette responsabilité à l’usage concret de la voiture : installation des passagers, ceintures et sièges pour enfants, chargement, objets transportés et limites à respecter avant de prendre la route.

Sources officielles et références